Une mosaïque aux mille éclats

Sulpiciens, jésuites, franciscains, dominicains... autant de visages de la vie religieuse, et donc autant de charismes qui trouvent leur expression dans de multiples initiatives apostoliques. Parmi elles, l'ouverture au monde de l'édition et de la publication de périodiques. Dans ce spécial Vie Consacrée, nous partons à la découverte non pas du contenu des revues qui traitent de ce thème mais plutôt à la découverte des projets éditoriaux.

Tour d'horizon !


Nous commençons par le Bulletin de Saint Sulpice édité depuis 1975 par la compagnie des Prêtres de Saint Sulpice dont le siège est à Paris, rue du Regard. Cette revue polyglotte annuelle sur la formation des prêtres dans le monde est l'héritière de l'école française de spiritualité de M. Olier au 17ème siècle. Son comité de rédaction est aujourd'hui international, avec des délégués des différents continents.Son directeur David D. Thayer  est américain.

La dernière livraison du bulletin n° 36 sous le titre "Magistère et Autorité" offre une série d'études sur la formation à l'accueil des enseignements du magistère catholique dans les séminaires.

Une parfaite illustration de sa vocation initiale !

En 1856 paraît Études, la célèbre revue jésuite qui sans discontinuer depuis les origines nous propose une ouverture sur la culture contemporaine. Revue généraliste faisant appel aux meilleurs spécialistes, elle continue de tracer son sillon pour permettre à chacun de se cultiver et d'arpenter les champs de la connaissance tout aussi bien politique, qu'économique, spirituelle et culturelle.

C'est en 1954 que paraît sa cadette Christus dont le projet est d'accompagner l'homme en quête de Dieu. Christus est la revue de la fidèle transmission de la spiritualité ignatienne avec son art du discernement.

Une autre revue, Projet, héritière des cahiers de l'Action populaire  lancée par les jésuites en 1907, se veut au service du bien commun. Animée par l'équipe du CERAS – Centre de recherche et d'actions sociales, elle a pour ambition de comprendre le monde et selon ses auteurs « de modestement contribuer à le réinventer ».

Quittons Paris et l'île de France pour nous rendre à Toulouse où nous attendent les dominicains dignes fils en philosophie et théologie de St Thomas d'Aquin. Et saluons la Revue thomiste. Oeuvre doctrinale de philosophie et de théologie, la Revue thomiste a été fondée par des dominicains français en 1893 dans l’élan du renouveau thomiste voulu par Léon XIII. Fermement enracinée dans la tradition, mais ouverte aux questions du temps présent, elle a occupé une place de choix dans les débats philosophiques et théologiques du XXe siècle.

Aujourd’hui encore, encouragée par l’insistance de Jean-Paul II sur « la nouveauté permanente de la doctrine de saint Thomas » (Fides et ratio, n° 43-44), elle promeut une connaissance universitaire de l’œuvre de l'Aquinate  et tout effort d’actualisation homogène de sa pensée.

Dépaysons-nous en élargissant notre regard dans une perspective missionnaire. Deux belles revues attestent le dynamisme de ces hommes et femmes partis aux quatre coins de la planète pour témoigner de l'Evangile. La revue Missions Étrangères de Paris est un mensuel édité par les prêtres du même nom qui partent en Asie et dans l'Océan Indien depuis 350 ans. Au fil de l'année, la revue  nous donne un écho passionnant de leurs différents modes de présence dans ce continent.

Spiritus est une revue trimestrielle fondée en 1959 par les spiritains et gérée en commun par douze instituts missionnaires. En cette année de la vie consacrée, nous prenons le temps de les nommer : Les Missionnaires d'Afrique (Pères Blancs), la Société des Missions Africaines, Les Missions Étrangères de Paris, les Scheutistes, les Spiritains, la Société du Verbe divin, Les missionnaires de N.D. d'Afrique (Sœurs blanches), les Franciscaines Missionnaires de Marie, Notre Dame des Apôtres, Saint Joseph de Cluny, Les Spiritaines, Les Oblats de Marie Immaculée.

Spiritus se veut une revue d'expériences et de recherches missionnaires. Elle se construit donc à partir des évènements de la vie des communautés humaines et chrétiennes des divers continents.

La vie monastique dans une perspective oecuménique originale est présente à la bibliothèque avec Irénikon, revue des moines de Chevetogne en Belgique. Nous avons eu déjà l'opportunité de  vous présenter cette revue (voir actualité des revues en janvier 2014).

Avec la revue Cor Unum, éditée par la famille Cor Unum nous sommes de plain pied avec  ces nouvelles expressions de la vie de l'Eglise nées au 20ème siècle, les Instituts Séculiers.

La Famille Cor Unum  de spiritualité ignatienne en réunit trois : l'Institut séculier des prêtres du Coeur de Jésus, l'Institut séculier féminin du Cœur de Jésus, l'Institut masculin du Cœur de Jésus.  Ainsi que  la société de vie évangélique du cœur de Jésus. Le Père Daniel Fontaine fut à l'origine au début du vingtième siècle de ces développements . Il  renouvella la première intuition due au Père de Clorivière au 18ème siècle.

La revue Cor Unum veut donc aider ces membres à vivre pleinement leur baptême au milieu du monde. Dans un esprit  de pauvreté, invitation est faite de libérer son coeur dans l'amour, de mettre sa volonté à l'unisson de celle de Dieu, de faire de la prière un temps fort de son existence, de vivre une véritable communion fraternelle. Voilà l'appel pour chaque membre de la Famille Cor Unum. La revue éponyme s'en fait l'écho.

Notre tour d'horizon s'achève avec la dernière née des revues. Les Cahiers de spiritualité franciscaine  nous font goûter de trimestre en trimestre aux richesses du message de François. Chaque thème de numéro : "la Gratuité", "Habiter", "le Corps", déploie une actualisation de ces sources. Nous communions ainsi aux enjeux contemporains soutenus discrètement par la  grâce propre du Poverello.

4 février 2015,

VLM