Mémoire chrétienne, Eglise et Papauté

La grande Guerre
"Le croyant est fondamentalement quelqu'un qui fait mémoire."   Pape François  Evangilii Gaudium §13

Cent ans après, la bibliothèque diocésaine de Bordeaux ne pouvait passer sous silence cette période décisive de notre histoire. Elle s'associe donc à la dynamique de mémoire nationale et ecclésiale.

Première étape : Feuilleter pour vous donner envie de les lire quelques revues à votre disposition en salle de consultation que vous pouvez d'ailleurs retrouver dans le catalogue informatisé sur ce site !

Dans l'ouverture du dossier des Documents Épiscopat, Mgr Luc Ravel, évêque aux Armées françaises souligne "Au début du cycle des commémorations, certains peuvent ne pas comprendre ce besoin de retour au passé, parfois traité d'inflation mémorielle", néanmoins ajoute-t-il "commémorer appartient à la mission de l'Eglise..." Le dossier s'ouvre sur ce rappel du pape François "Le croyant est fondamentalement quelqu'un qui fait mémoire."

Ce devoir de mémoire, s'il s'impose aux croyants, les relie également à tous les citoyens. Car commémorer signifie faire mémoire ensemble toutes générations confondues.Les jeunes, selon une enquête Harris en janvier 2014, placent en tête des évènements qui ont marqué l'histoire, la Grande Guerre à 92 %, précision donnée dans ce même numéro 3/2014 des Documents Episcopat.

Trois axes mettent en valeur le positionnement de l’Église partenaire de ce temps fort  en France.

• Le premier honore la dimension historique.

• Le deuxième s'attache à opérer "des lectures de la grande guerre" avec une interrogation collective sur la guerre et la paix au plan politique et ecclésial sans omettre ensuite le plan personnel.

• Quant au troisième axe, il suggère des propositions originales et diverses initiatives à mettre en œuvre dont une dynamique sur cinq ans ( voir le tableau ci-dessous).

À signaler : le dossier "La Papauté dans la grande guerre" dans Histoire du Christianisme magazine n°72 de mai-juin 2014.

Quelle est la spécificité de cette revue bimestrielle grand public ?

Créée voici 15 ans par les éditions CLD, elle allie histoire, patrimoine et archéologie.

Elle invite à plonger dans les récits  de deux mille ans d’aventure chrétienne à travers le monde. Elle donne des clefs pour entrer dans une mémoire vivante et parfois controversée.

Histoire du Christianisme Magazine bénéficie d'une maquette agréable aux nombreuses illustrations et photos couleur, le tout favorisant la lisibilité d'un contenu rédactionnel clair, fort et original. On aime parcourir les dossiers accessibles et fouillés, élaborés par des  spécialistes, retrouver l'invité, partir à la découverte de un jour /un fait, une vie, un lieu, un objet, le saviez-vous ? Autant de rubriques variées animées par une belle curiosité. Actualités et Culture déclinées sous d'autres angles : comptes rendus d'expos, focus, recensions, brèves, complètent l'offre.

Xavier Boniface, professeur d'histoire contemporaine à l'Université du littoral de la Côte d'Opale, auteur d'une Histoire religieuse de la Grande Guerre aux éditions Fayard en 2014 coordonne ce dossier. Il pose son regard sur la politique du Saint Siège au long du conflit et sur les réactions en Europe face à cette stratégie. Il éclaire la vision du pape Benoît XV, élu le 3 septembre 1914, par rapport à la paix. Car Rome possède une lecture propre des évènements. Ce dossier de vingt pages donne envie d'en savoir plus !

Communio en prévision des commémorations de 14-18, avait anticipé le mouvement avec "L’Église et la grande Guerre" - Tome 38 mai - août 2013. Nous vous avons déjà signalé ce  numéro fort intéressant (actualité des revues : un regard porté sur l'année, décembre 2013).

Fous pour terminer sur un article plus spécialisé dans Études Théologiques et Religieuses ETR (Tome 89 - 2014/2) :

Retenons la contribution  de Jean Marc Tétaz dans cette revue trimestrielle de l'Institut protestant de théologie (Facultés de Théologie protestantes de Montpellier et de Paris). Sous le titre Nationalisme et Christianisme : deux évangiles ? L'interprétation de la grande Guerre par Ernst Troeltsch (1914-1915) l'auteur nous met donc au contact du penseur allemand protestant.

Pour celui-ci l'interprétation de la situation créée par le déclenchement des hostilités est tout à la fois historique, philosophique et théologique. Car peut-on simplement parler d'une théologie allemande de la guerre ? Le simplisme n'est pas de mise et il convient d'honorer les débats éthiques "les prises de position des théologiens allemands"  dont Karl Barth "s'inscrivent d'ailleurs dans un contexte de discussion qui dépasse de loin les frontières de la théologie".

L'auteur nous plonge ainsi dans une analyse fouillée, savante et technique de la spécificité du travail historique du philosophe Ernst Troeltsch. Ce voyage nous conduira dans une ultime étape nommée Christianisme et Humanité car "dans la situation de la guerre, le christianisme apparaît comme une force capable de résister et à l'impérialisme de l'état et à un nationalisme souverain". Il le peut car "il est une facteur d'humanisation de la sphère éthique en son entier." Jean Marc Tétaz souligne en dernier lieu que pour Ernst Troeltsch,la transcendance fonde l'identité de l'individu et lui donne d'oeuvrer contre "la déshumanisation du monde."

L'actualité des revues au 01 décembre 2014, VLM