Un Veni Creator Spiritus à deux versions...

...à travers le temps...

À propos du Veni Creator Spiritus

Le texte original est celui qui est donné en premier dans cet antiphonaire. Dom Lentini (auteur de la dernière révision de l’hymnaire utilisé depuis la réforme liturgique de Vatican II, voir ses notes techniques) précise que l’on trouve cette version avec l’hellenisme "parcletus" et la formule "Dextrae Dei u[t] digitus" où le "t" est éludé dans l’exécution vocale.

Le Pape Barberini dit Urbain VIII, en grand humaniste, fit corriger tout l’hymnaire et même le brévaire (cf. P. Battifol, Histoire du Bréviaire Romain, 1893, pp 260ss ou dom A. Baümer, Histoire du Bréviaire, 1905, t. II, pp 285ss). C'est la version dite "réformée" à ceci près que dans certains livres d'avant Pie X pour l'office Romain à l'avant dernière strophe on trouve la version "Te utriusque Spiritum" (qui évite la question de la crase de Teque utriusque Spiritum. C’est cette solution (Te utriusque Spiritum) qui a été gardée dans l'actuel hymnaire latin comme le précise Lentini (d'après l'accentuation et non la mesure rythmique antique).

Dans l'antiquité chrétienne ce qui faisait la poésie en latin était les jeux de métriques entre brève et longues (que pratiquait encore Léon le Grand dans ses oraisons, mais plus Grégoire le Grand), alors que le haut moyen âge joue avec les syllabes accentuées (et les atones et finales comme en témoigne le chant grégorien)... mais l'édition "Médicéenne" du Graduel Romain voulait aussi corriger les mélismes grégoriens pour les faire correspondre au goût néo-classique (on dit que Palestrina a renâclé...).

C'est encore cette culture classique qui a fait inverser dans le texte officiel actuel à la troisième strophe "qui diceris Paraclitus" au lieu de "qui Paraclitus diceris".

 

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