Érasme - Éloge de la folie

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Érasme né dans la nuit du 27 au 28 octobre, en 1467 (ou en 1466, ou en 1469) à Rotterdam, comté de Hollande, et mort le 12 juillet 1536 à Bâle, est un chanoine régulier de saint Augustin, philosophe, écrivain latin, humaniste et théologien des Pays-Bas bourguignons, considéré comme l’une des figures majeures de la culture européenne.‎

Éloge de la Folie ou L’Éloge de la Folie, ou également La Louange de la sottise, ou encore La Louange de la Folie dont le titre grec est Μωρίας ἐγκώμιον (Morías engkômion) et le titre latin, Stultitiæ laus, est une declamatio écrite en latin en 1509 par Érasme de Rotterdam et imprimée pour la première fois en 1511 à Paris chez Jehan Petit et Gilles de Gourmont et peu de temps après réimprimé ne varietur à Strasbourg daté d'août 1511 chez Mathias Schurer.

Après en avoir conçu les grandes lignes au cours de ses voyages sur les routes d'Italie et d'Allemagne, Érasme révisa et développa son travail, à l'origine écrit en une semaine, pendant son séjour chez Thomas More (l’auteur d'Utopie) dans la propriété que ce dernier avait à Bucklersbury. On considère que c'est l'une des œuvres qui ont eu le plus d'influence sur la littérature du monde occidental et qu'elle a été un des catalyseurs de la Réforme. L'ouvrage sera mis à l'Index en 1557 lors de la Contre-Réforme.

L’ouvrage commence avec un savant éloge imité de l'auteur satirique grec Lucien de Samosate, dont Érasme et Thomas More avaient récemment traduit l'œuvre en latin, un morceau de virtuosité dans le délire. Le ton devient plus sombre dans une série de discours solennels, lorsque la folie fait l'éloge de l'aveuglement et de la démence et lorsqu'on passe à un examen satirique des superstitions et des pratiques pieuses dans l'Église ainsi qu'à la folie des pédants. Érasme était récemment rentré profondément déçu de Rome, où il avait décliné des avances de la Curie romaine. Peu à peu la folie prend la propre voix d'Érasme qui annonce le châtiment. L'essai se termine en décrivant de façon sincère et émouvante les véritables idéaux chrétiens.

Il s’agit d’une thèse humoristique, rédigée en latin de manière volontairement savante, truffée à dessein de locutions grecques, découpée en 68 articles. Érasme y fait parler la déesse de la Folie et lui prête une critique acerbe des diverses professions et catégories sociales, notamment les théologiens, les maîtres, les moines et le haut clergé mais aussi les courtisans dont nous avons une satire mordante. Il existe une référence directe au genre au chapitre LX.

"Mais il n’est pas dans mon sujet d’examiner la vie des papes et des prêtres, j’aurais l’air de composer une satire au lieu de mon propre éloge, et l’on pourrait croire qu’en louant les mauvais princes j’ai l’intention de censurer les bons."

Cette citation illustre bien le ton de l'œuvre, où la Folie fait son propre éloge, mais un éloge transformé par Érasme en une véritable satire. Cette technique permet de surprendre le lecteur, d'affiner la dénonciation des travers de ses contemporains, et de rendre son propos plus efficace. Cet auteur a excellé dans le genre satirique. Ainsi, il est l’auteur des Colloques : une satire piquante des mœurs de son époque qui souligne son esprit indépendant. Mais dans L’Éloge de la Folie, la satire s’élargit et dépasse l’époque de son auteur pour atteindre la société humaine en général.

Deux exemplaires sont présentés ici :

• ERASME - L'Éloge de la Folie (Gueudeville trad.)

L’Éloge de la folie composé en forme de déclamation avec les notes de Gerard Listre et les belles figures de Holbein.

À Amsterdam, chez François l'Honoré, 1728. In/12 reliure plein veau du temps, dos à caissons doré et pièce de titre, frontispice gravé, un titre frontispice allégorique, page de titre en rouge et noir avec vignette, bandeaux et lettrines historiées, 75 illustrations (bois) in-texte et 6 planches dépliantes, ff., B4-340 pp.

Brunet, II, 1038… Bibliothèque esothérique 1506 (pour l'édition originale de la traduction de Gueudeville). Cohen ne signale pas cette édition, (mais celle de 1731). Caillet quant à lui préfère la présente édition qui contient en plus la planche de portraits en frontispice (Erasme, Morus et Holbein) p. 25.

 

• ERASME - L’Éloge de la Folie - Traduit du latin par M. Barrett, suivi d'une adaptation en français moderne avec 12 figures, édition Defer de Maisonneuve, 1789.

 

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